Assemblée générale
Procès-verbal d'assemblée générale : contenu et modèle
Ce que doit contenir un procès-verbal en association et en copropriété, la structure à suivre, des formulations types, et le relevé du système de vote à annexer.
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À quoi sert vraiment le procès-verbal
Le procès-verbal n'est pas un compte rendu de séance. Il ne raconte pas les débats, ne restitue pas les interventions et ne cherche pas à être agréable à lire. C'est la preuve écrite de ce que l'assemblée a décidé, dans quelles conditions et avec quel résultat. Trois lecteurs s'en serviront : un membre qui veut vérifier une décision, un tiers qui exige une preuve de pouvoir ou de mandat, et éventuellement un juge saisi d'une contestation. Écrivez pour eux. Un procès-verbal utile est court, daté, précis sur les chiffres et rigoureusement neutre sur le ton.
Association : ce que disent les statuts, et ce qu'il faut de toute façon
La loi de 1901 n'impose ni procès-verbal ni forme particulière. Vos statuts, en revanche, en imposent presque toujours un, désignent qui le rédige, le plus souvent le secrétaire, et qui le signe, généralement le président et le secrétaire de séance. Suivez-les à la lettre : un procès-verbal signé par une personne que les statuts ne désignent pas est une prise de risque inutile. Au-delà de cette exigence, un procès-verbal associatif contient utilement l'identité de l'association, la date, l'heure et le mode de tenue de l'assemblée, l'auteur de la convocation et sa date d'envoi, le nom du président et du secrétaire de séance, le décompte des présents et représentés, l'ordre du jour, puis chaque résolution avec son texte et son résultat chiffré. Conservez les procès-verbaux dans un registre ou un dossier unique, dans l'ordre : c'est la première chose qu'un successeur cherchera.
Copropriété : un contenu imposé
Ici, la liberté disparaît. L'article 17 du décret du 17 mars 1967 fixe le contenu du procès-verbal d'assemblée générale de copropriété. Il comporte le texte de chaque décision et le résultat du vote, et indique le nom et le nombre de voix des copropriétaires qui se sont opposés à la décision ainsi que de ceux qui se sont abstenus. Cette exigence n'est pas décorative : le délai de contestation ne s'ouvre qu'au profit des copropriétaires opposants ou défaillants, et c'est le procès-verbal qui établit leur qualité. Le procès-verbal mentionne également les réserves éventuellement formulées par des copropriétaires sur la régularité des décisions, et, lorsque l'assemblée s'est tenue à distance, les incidents techniques qui ont empêché un copropriétaire de participer ou de faire connaître son vote.
Ce document est établi et signé à la fin de la séance par le président, le secrétaire et les scrutateurs, puis inscrit dans le registre des procès-verbaux tenu par le syndic. La feuille de présence lui est annexée. Le syndic notifie ensuite le procès-verbal aux copropriétaires opposants et défaillants, dans le mois qui suit la tenue de l'assemblée ; cette notification fait courir le délai de deux mois pour contester les décisions devant le tribunal judiciaire, conformément à l'article 42 de la loi de 1965. Une notification tardive ne rend pas les décisions nulles, mais elle retarde d'autant le moment où elles deviennent définitives.
La structure à suivre
Ce qui suit est une trame de rédaction avec des formulations types, et non un formulaire juridique : adaptez-la à vos statuts et, en copropriété, aux mentions imposées par le décret.
- En-tête. Nom exact de l'association ou du syndicat des copropriétaires, adresse du siège ou de l'immeuble, éventuellement numéro RNA ou d'immatriculation. Puis le titre : « Procès-verbal de l'assemblée générale ordinaire du 12 mars 2026 ».
- Cadre de la réunion. « L'assemblée générale s'est réunie le 12 mars 2026 à 18 h 30, au siège de l'association et par visioconférence, sur convocation du conseil d'administration adressée le 24 février 2026 par courrier électronique à l'ensemble des membres. »
- Bureau de séance. « Monsieur X est désigné président de séance et Madame Y secrétaire. » En copropriété, ajoutez les scrutateurs.
- Décompte et quorum. « Il résulte de la feuille de présence, annexée au présent procès-verbal, que 47 membres sont présents, dont 12 à distance, et 23 représentés, soit 70 membres sur 128 ayant le droit de vote. Le quorum du tiers prévu à l'article 11 des statuts étant atteint, le président déclare l'assemblée régulièrement constituée. » Voyez le guide sur le quorum en assemblée générale pour la base de calcul.
- Ordre du jour. Reproduisez-le tel qu'il figurait dans la convocation, numéroté.
- Rapports et débats. Deux ou trois lignes par point, factuelles : « Le trésorier présente les comptes de l'exercice clos le 31 décembre 2025. Les questions portent sur l'évolution des charges de personnel. »
- Résolutions. Une entrée par résolution, dans l'ordre, avec le texte intégral soumis au vote puis le résultat.
- Clôture. « L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 20 h 45. »
- Signatures. Nom, qualité, date.
- Annexes. Feuille de présence, pouvoirs, relevé du système de vote, documents financiers.
Rédiger une résolution
Chaque résolution suit le même gabarit : un numéro, l'objet, le texte adopté, puis le décompte. Pour une association :
« Résolution n° 3 : Approbation des comptes de l'exercice 2025. L'assemblée générale, après avoir entendu le rapport du trésorier et le rapport du commissaire aux comptes, approuve les comptes de l'exercice clos le 31 décembre 2025 tels qu'ils lui ont été présentés. Vote : 61 voix pour, 4 voix contre, 5 abstentions, sur 70 votants. La résolution est adoptée à la majorité. »
Pour une copropriété, ajoutez la majorité applicable et les noms exigés :
« Résolution n° 5 : Travaux de réfection de la toiture (article 25 g). Le syndicat des copropriétaires décide de faire réaliser les travaux de réfection de la toiture conformément au devis de l'entreprise Z du 4 février 2026, pour un montant de 84 300 euros TTC. Vote à la majorité de l'article 25 : 6 420 voix pour, 1 250 voix contre, 830 abstentions, sur 10 000 voix. Ont voté contre : M. A (720 voix), Mme B (530 voix). Se sont abstenus : M. C (830 voix). La résolution est adoptée. »
Si une résolution est rejetée, écrivez-le aussi clairement : « La résolution n'est pas adoptée. » Et lorsqu'une résolution relevant de l'article 25 n'a pas recueilli la majorité requise mais a obtenu au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, la même assemblée procède immédiatement à un second vote à la majorité de l'article 24, en application de l'article 25-1 de la loi de 1965 : faites figurer ce second vote et son propre décompte, à la suite du premier.
Le relevé du vote en annexe
Quand l'assemblée vote au moyen d'un système en ligne, annexez au procès-verbal le relevé produit par l'outil : une ligne par résolution, avec les voix pour, contre, abstention, le nombre de votants et l'horodatage de l'ouverture et de la clôture du scrutin. Le procès-verbal reste le document qui fait foi ; le relevé en est la pièce justificative, celle qui permettra, deux ans plus tard, de répondre à qui conteste un chiffre. Quand la feuille de présence est elle aussi tenue par l'outil, imprimez-la ou exportez-la sous une forme stable, avec les noms, les voix et le mode de participation de chacun, et faites-la certifier par le président de séance comme vous le feriez d'une feuille papier : en copropriété, vérifiez auprès de votre syndic la forme qu'il retient pour cette pièce. En cas de scrutin secret, le relevé ne doit évidemment pas permettre de rattacher un bulletin à un votant : en copropriété, cette contrainte se heurte à l'obligation de nommer les opposants et les abstentionnistes, ce qui rend le vote secret inadapté aux résolutions ordinaires. Conservez l'ensemble avec la convocation et la preuve de son envoi : c'est ce dossier, et non le seul procès-verbal, qui protège vos décisions.
Questions fréquentes
Le procès-verbal doit-il être approuvé par l'assemblée suivante ?
Rien ne l'impose en association, sauf si vos statuts le prévoient, et l'usage est fréquent. En copropriété, le procès-verbal est signé à la fin de la séance et n'est pas soumis à l'approbation de l'assemblée suivante.
Peut-on signer un procès-verbal électroniquement ?
En association, la pratique est courante dès lors que les statuts ne l'interdisent pas et que les signataires sont bien ceux qu'ils désignent. En copropriété, le procès-verbal est signé à la fin de la séance par le président, le secrétaire et les scrutateurs : interrogez votre syndic sur le dispositif qu'il utilise plutôt que d'improviser. Dans tous les cas, conservez le fichier signé et son horodatage.
Combien de temps faut-il conserver les procès-verbaux ?
Sans limite, en pratique. Ils constituent la mémoire des décisions de la structure et sont réclamés bien au-delà des délais de contestation, notamment lors d'un changement de dirigeants, de syndic ou de banque.
Ce guide est une information générale et non un conseil juridique. En cas de doute, consultez un avocat ou votre syndic.