This page is also available in English →
evote.io

Association

Modifier les statuts d'une association : majorité et procédure de vote

Majorité prévue par les statuts, souvent les deux tiers, assemblée extraordinaire, texte inscrit à l'ordre du jour, amendements et déclaration en préfecture.

Mis à jour · 6 min de lecture

Ce guide existe aussi en Dansk · English · Deutsch

En bref : Ce sont vos statuts qui fixent la majorité nécessaire pour les modifier : très souvent les deux tiers ou les trois quarts des voix, en assemblée générale extraordinaire. Le texte proposé doit figurer dans la convocation, article par article ; les amendements improvisés en séance sont la principale source de contestation. La modification doit ensuite être déclarée en préfecture dans les trois mois. Le vote en ligne est possible si les statuts l'autorisent.

La règle de base : les statuts se modifient comme ils le prévoient

La loi du 1er juillet 1901 est silencieuse sur la modification des statuts. C'est donc le texte que vous voulez modifier qui dit comment le modifier : quel organe est compétent, quelle majorité, quel quorum éventuel, quel délai de convocation. Ouvrez vos statuts et cherchez l'article intitulé « Modification des statuts » ou « Assemblée générale extraordinaire ». Dans la grande majorité des associations, il prévoit une assemblée générale extraordinaire, un quorum spécifique et une majorité qualifiée : les deux tiers des voix des membres présents ou représentés, parfois les trois quarts. Certains statuts ajoutent que la proposition doit émaner du conseil d'administration ou d'une fraction des membres.

Si vos statuts ne disent rien, la situation est inconfortable et discutée. La prudence commande alors de rechercher une majorité très large, de faire figurer la modification à l'ordre du jour d'une assemblée spécialement convoquée, et de profiter de l'occasion pour ajouter enfin une clause de modification. Ne vous contentez pas d'une majorité simple obtenue devant une poignée de présents : c'est exactement le scénario qu'un membre mécontent portera devant le tribunal judiciaire.

Quelle assemblée, et comment la convoquer

Quand les statuts réservent la modification à une assemblée générale extraordinaire, vous pouvez la tenir séparément ou à la suite de l'assemblée ordinaire, le même jour. La seconde option est courante et parfaitement admissible, à condition que la convocation annonce clairement les deux assemblées, leurs ordres du jour distincts et leurs règles de quorum et de majorité respectives. Le procès-verbal doit ensuite les distinguer lui aussi : deux séances, deux constats de quorum, deux séries de résolutions. Le guide sur l'assemblée générale extraordinaire détaille qui peut la convoquer et dans quels délais.

Le texte doit être dans la convocation

C'est le point sur lequel les modifications de statuts sont le plus souvent annulées. Une assemblée ne délibère que sur les questions inscrites à l'ordre du jour, et un membre doit pouvoir décider s'il se déplace ou s'il donne pouvoir en connaissant ce sur quoi il vote. Une ligne « Modification des statuts » ne suffit pas. Joignez à la convocation :

  • Le texte actuel de chaque article concerné et le texte proposé, en vis-à-vis ;
  • Une note d'une ou deux phrases expliquant, pour chaque article, la raison du changement ;
  • Le projet de statuts consolidé, si la refonte est importante ;
  • La majorité applicable, telle que la prévoient les statuts en vigueur ;
  • Le formulaire de pouvoir et, si l'assemblée se tient à distance, les modalités de connexion et de vote.

La convocation d'une assemblée à distance obéit pour le reste aux mêmes règles qu'une convocation classique.

Article par article, ou en bloc ?

Les deux méthodes se pratiquent. Voter article par article est plus long mais plus solide : chaque modification est adoptée ou rejetée pour elle-même, et le procès-verbal porte un résultat par article. Voter le texte en bloc est plus rapide, mais oblige les membres à approuver un ensemble dont ils peuvent n'accepter qu'une partie. Le compromis le plus lisible consiste à voter séparément les articles sensibles, ceux qui touchent à l'objet, à la composition, aux cotisations ou aux pouvoirs des organes, et à voter en bloc le reste des ajustements de forme. Annoncez la méthode dans la convocation, pas au moment du vote.

Les amendements en séance

Un membre demande en séance de remplacer un mot, d'ajouter une phrase, de repousser un seuil. Que faire ? La règle utile est simple : un amendement est recevable s'il reste dans le périmètre annoncé et n'aggrave pas la portée de ce qui a été soumis aux membres absents. Réduire un délai proposé, préciser une formulation, corriger une erreur matérielle : recevable. Étendre la modification à un article qui n'était pas à l'ordre du jour, ou modifier l'objet de l'association alors que la convocation ne le prévoyait pas : irrecevable, quelle que soit l'unanimité des présents. Dans le doute, notez la proposition au procès-verbal et inscrivez-la à l'ordre du jour d'une prochaine assemblée. Le président de séance tranche la recevabilité, et sa décision doit figurer au procès-verbal.

Voter en ligne une modification de statuts

Rien n'interdit de faire voter une modification statutaire à distance, dès lors que les statuts autorisent la participation et le vote à distance. Trois précautions méritent d'être prises pour ce type de résolution. D'abord, une résolution par article, avec le texte exact affiché au moment du vote, et non un simple intitulé. Ensuite, une majorité qualifiée calculée sur la bonne base : les suffrages exprimés, les présents et représentés, ou l'ensemble des membres, selon ce que disent les statuts. Les abstentions changent le résultat dès que la base retenue est celle des présents. Enfin, un relevé exploitable, résolution par résolution, à annexer au procès-verbal. Les critères d'un outil de vote en ligne adapté sont exposés dans un guide dédié.

Après le vote : la déclaration

La modification n'est opposable aux tiers qu'une fois déclarée. La loi de 1901 impose de faire connaître dans les trois mois les modifications apportées aux statuts, comme les changements survenus dans l'administration de l'association. La déclaration se fait auprès du greffe des associations du département du siège, en ligne ou par formulaire, en joignant le procès-verbal de l'assemblée et un exemplaire des statuts modifiés, daté et signé. Le service de déclaration indique les pièces attendues et les cas dans lesquels une publication est prévue : suivez cette liste plutôt que l'usage de la structure. Prévenez ensuite les interlocuteurs qui détiennent une version périmée de vos statuts : banque, assureur, fédération, financeurs publics. Une subvention refusée parce que les statuts déposés ne correspondent plus à la réalité est un désagrément fréquent et parfaitement évitable.

Le parallèle en copropriété

La copropriété connaît un mécanisme comparable pour son règlement. Les décisions qui modifient les modalités de jouissance, d'usage ou d'administration des parties communes relèvent de l'article 26 de la loi de 1965 et exigent une double majorité : la majorité en nombre des copropriétaires, représentant au moins les deux tiers des voix. Toutes les modifications du règlement ne relèvent pas de cet article, et le classement d'une résolution dans la bonne majorité se prépare avec le syndic avant l'envoi de la convocation. L'esprit est le même que la majorité qualifiée associative : plus une décision engage durablement la collectivité, plus la base de calcul s'élargit au-delà des seuls présents. Là encore, le texte exact de la résolution doit figurer dans la convocation.

Questions fréquentes

Peut-on modifier les statuts en assemblée générale ordinaire ?

Seulement si vos statuts ne réservent pas cette compétence à une assemblée extraordinaire. Lisez la clause : si elle mentionne une assemblée générale extraordinaire, une modification votée en assemblée ordinaire est contestable.

Les abstentions comptent-elles dans une majorité des deux tiers ?

Cela dépend de la base de calcul écrite dans vos statuts. Sur les « suffrages exprimés », les abstentions sont écartées ; sur les « membres présents ou représentés », elles entrent au dénominateur et jouent comme des voix contre.

Faut-il refaire une déclaration si l'on change seulement les membres du bureau ?

Ce n'est pas une modification des statuts, mais un changement dans l'administration de l'association, qui fait l'objet de sa propre déclaration au greffe des associations, également dans les trois mois.

Ce guide est une information générale et non un conseil juridique. En cas de doute, consultez un avocat ou votre syndic.